Ce que l’esclavage libyen nous apprend de l’Europe.

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Les images d’êtres humains tenus en esclavage en Libye nous rappellent combien la modernité n’est jamais acquise, que les régressions sont possibles partout dans le monde.

Nous sommes nombreux à exprimer notre nausée pour inciter les gouvernants à agir. Mais au-delà de la mobilisation virale sur les réseaux sociaux – on serait tentés de dire “une de plus” – la question reste bien “comment” ?

Nous sommes à l’aube d’une nouvelle accélération de la globalisation. Le monde de 2050 sera plus riche de 2 milliards d’habitants. Il repoussera les frontières de la technologie, des idées, du progrès. Il sera porteur d’espoirs incroyables.

Mais il produira d’autres dangers. Bien-sûr les crises financières et le terrorisme sur lesquels toute victoire n’est jamais que transitoire. La tentation d’utiliser l’intelligence artificielle à des fins militaires ; les réfugiés climatiques ; des tensions croissantes sur les matières premières ; l’accès à l’eau ; et même le passage aux énergies renouvelables, pourtant nécessaire pour sauver l’Humanité, viendront bousculer des équilibres sociaux et géopolitiques.

S’ils veulent continuer à défendre le principe d’universalité chez eux, les Européens sont condamnés à sortir d’une zone de confort dans laquelle ils se complaisent depuis la fin de la guerre froide. Nous, Européens, devons parler d’une voix unique pour être audibles dans le monde, demain prendre part à de nouvelles formes de régulation.

La défense et la diplomatie commune ont pris cinquante ans de retard. Nous avons une décennie devant nous pour le combler avant que ne s’installe un nouvel ordre mondial dont nous ne voudrions pas.

Je ne mésestime en rien la difficulté, les résistances. Candidat, pendant la campagne de 2014 j’avais proposé de réfléchir à une fusion des représentations diplomatiques de chacun des Etats de l’Union dans le monde sous la forme d’« ambassades des 28 », de façon expérimentale d’abord, et bien sûr avec les capitales qui le souhaiteraient, sous la forme de coopérations renforcées. Je réitère avec force ce projet, embryon d’une conscience et d’une citoyenneté européenne à l’international.

Avec un peu plus de 200 ambassades et consulats, la France dispose de la seconde représentation diplomatique mondiale – derrière les Etats-Unis. Désormais seule puissance nucléaire depuis le Brexit, la France fournit également la majeure partie des bataillons lors d’opérations extérieures – ce qu’elle ne pourra éternellement faire dans le respect des critères de convergence économique.

Plus d’un demi-siècle après sa volte face sur la Communauté Européenne de Défense, la France dispose de tous les atouts pour réveiller une puissance globale qui sommeille !

Oui, nous voulons l’Agence Européenne des Médicaments en région Hauts de France !

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Cinq mois après le choix de Lille pour porter la candidature de la France à la relocalisation de l’agence européenne des médicaments (EMA), on sent poindre les premiers doutes. Doutes quant à la stratégie, doutes quant aux atouts défendus. Voire, pour Madame la Maire de Lille, des doutes quant à la résolution du gouvernement à défendre avec suffisamment de vigueur la candidature française (et donc lilloise) devant les partenaires européens…

Bien-sûr l’attractivité de la capitale des Flandres, sa proximité avec Londres et Bruxelles constituent, avec sa culture, son dynamisme, son ouverture sur le monde ses plus beaux atouts. Alors pourquoi douter ?

Depuis le premier jour, je n’ai cessé de mettre en garde face à un écueil dans lequel, je le crains, la candidature française aura fini par se laisser piéger.

Mon sentiment est que le projet lillois a su répondre brillamment à une commande opérationnelle (le choix du site, son environnement) mais peine à répondre à la question politique – en définitive pourquoi l’agence viendrait-elle à Lille plutôt qu’à Copenhague ou Milan également porteurs d’atouts ?

2017 n’est plus 1995 (on se souvient que Lille fut candidate à cette époque). L’équation ne saurait se résoudre à une seule lutte de pouvoir entre capitales ou pays. Le Brexit est passé par là, rebattant les cartes, les messages, les symboles …

Je n’ai eu cesse de rappeler que restreindre la candidature française à une ville fut de nature à normaliser cette dernière.

J’ai souvent rappelé un chiffre parce qu’il témoigne à lui seul de l’enjeu derrière l’enjeu : 1000 Milliards d’euros. C’est le poids du marché mondial du médicament. Rapprocher 1 % de cette production en région Hauts-de-France constituerait un apport de 10 milliards de richesse supplémentaire (soit 8 points de PIB régional). Qui peut croire qu’un tel projet puisse encore être l’affaire d’une métropole seule, même dépassant le million d’habitants ?

Depuis le premier jour où j’interpellai les décideurs publics et la classe politique, j’ai été convaincu que la candidature qui ferait la différence serait celle qui parviendrait, au-delà de la qualité du dossier, à envoyer deux messages – le premier aux Européens, le second à la Commission Européenne.

Aux Européens en parlant non plus aux seuls convaincus mais bien à ceux qui doutent. Cela fait longtemps que ceux-ci ne vivent plus en cœur en métropole mais à vingt ou trente kilomètres, là où l’Europe a été rendue suspecte de fragiliser le tissu social et économique. Ils forment les bataillons de l’euroscepticisme sur lesquels les extrêmes et l’abstention peuvent encore progresser.

A la Commission Européenne parce que l’Europe cherche désespérément à renouer avec des symboles et une légitimité perdu. A vrai dire, là réside la vraie stratégie post-Brexit pour celle-ci : montrer qu’elle peut encore, à travers ses choix politiques, contribuer à réduire les inégalités territoriales.

Voilà pourquoi j’ai défendu l’ex bassin minier et ses habitants au cœur de ce dossier de candidature. C’eut été le meilleur des pieds de nez à offrir aux extrêmes, qui d’ailleurs ont encore gagné du terrain sur ce territoire depuis le référendum britannique.

La santé n’est plus le domaine réservé de la chimie – loin s’en faut ! Les nano, biotechnologies, les matériaux innovants, l’intelligence artificielle, la transition numérique y prendront une place croissante – et rapidement. Réhabilitation des friches industrielles, mobilisation de la jeunesse, emplois d’avenir, formation continue… ces enjeux sont pleinement ceux de l’Engagement pour le Renouveau du Bassin Minier. Alors ne juxtaposons pas les actions, les projets, les calendriers, mêlons-les !

La question est aujourd’hui moins de savoir si la métropole lilloise saura accueillir les 500 collaborateurs de l’Agence, ce dont personne ne doute un instant. La question est plutôt de savoir comment transformer ce projet en locomotive pour les territoires voisins en jouant pleinement des effets leviers, en créant les milliers voire les dizaines de milliers d’emplois induits.

C’est à ce prix que l’Europe y accordera l’attention qui est due à cette candidature tout comme les élus en région qui, reconnaissons-le, jusqu’à présent n’ont pas su faire front sur ce dossier comme ils ont su le faire pour le Canal Seine Nord, les dotations aux collectivités ou encore la défense des emplois aidés !

Monsieur le Président de la République, aidez la région Hauts-de-France à s’aider en exigeant de cette dernière qu’elle taise ses centralités et ses divisions !

Madame la Maire de Lille, Monsieur le Président de Région, profitez de cette opportunité pour accélérer l’intégration de la région Hauts-de-France autour d’une vision  européenne large !

Mesdames, Messieurs les élus de la CALL prenez conscience de votre pouvoir d’action. Il est bien plus large que vous ne l’imaginez. Votre place est centrale, au propre comme au figuré, au sein de cette nouvelle « euro-region » des Hauts-de-France. Les mains qui ne se tendent pas ne peuvent être saisies.

Lens-Liévin Pôle Européen : où en sommes-nous quatre mois après ?

 

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Voilà quatre mois que la Grande-Bretagne a exprimé son souhait de quitter l’Union Européenne. Voilà quatre mois que j’ai lancé un appel en faveur d’une candidature lensoise à la relocalisation de l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) au sein d’un Pôle Européen : Lens-Liévin Pôle Européen.

Voici où nous en sommes ce 31 octobre 2016.

Depuis ma dernière intervention dans la presse le 26 septembre dernier, ce projet a connu deux évolutions notables : une première, de part du Conseil Régional des Hauts de France, très encourageante  ; et une seconde, de la part de la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin qui, je dois bien l’avouer, pose autant de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Première évolution : la position du Conseil Régional des Hauts de France

 

Comme ils s’y étaient engagés le 26 septembre dernier à mes côtés, les Conseillers Régionaux centristes ont déposé et obtenu le vote d’une motion en faveur d’une ligne stratégique « post Brexit ». Ce fut le 13 octobre, à l’issue d’une session marathonienne.

Cette motion rappelle la nécessité de maintenir un partenariat fort avec la Grande-Bretagne.

Nos liens ne sont pas exclusivement économiques – loin s’en faut ! Ils sont cimentés par l’Histoire, la libre circulation des personnes, les échanges culturels, la recherche universitaire. Bref… Brexit ou pas : ce partenariat doit perdurer dans l’intérêt des citoyens, britanniques comme européens.

C’est pour cette raison que la région Hauts de France entend faciliter l’accueil de partenaires économiques, privés comme publics, qui subiraient outre manche les conséquences du Brexit – parmi ces transferts probables figure, bien évidemment, l’Agence Européenne des Médicaments ( motion-pour-que-gb-reste-un-partenaire-privilegie-oct2016 )

Deuxième évolution : la position de la CALL

 

Si j’ai proposé une implantation lensoise pour ce projet, ce n’est certainement pas pour entrer en compétition avec la Métropole Européenne Lilloise comme je l’ai parfois entendu. C’est, au contraire, pour asseoir le rayonnement de la capitale euro-régionale… différemment.

Le monde a changé. Et l’émergence des nouvelles régions apporte une pierre à ce changement.

On ne saurait penser la région Hauts-de-France de 2030 comme on pensa naguère la région Nord-Pas-de-Calais ou la région Picardie de 1980 – sauf à dire tout cela, l’Europe, la loi NOTRe, la territorialisation, ça ne sert à rien, que l’on réformerait pour se payer le luxe de ne rien changer… Et on donnerait ainsi raison aux populistes… Non !

Si elle aspire à jouer pleinement son rôle de locomotive dans la nouvelle euro-région, la Métropole Lilloise se trouve confrontée à un double défi.

Le premier défi repose sur un enjeu d’aménagement du territoire : comment ne pas diminuer sa propre capacité de développement à force de développement… Les usagers de l’A1 et des TER régionaux comprendront…

Le second défi repose lui aussi, d’une certaine façon, sur un enjeu d’aménagement du territoire – plus exactement, de « fracturation territoriale ».

Si dans dix ans la « métropolisation » et ses effets supposément positifs restent un concept à 20 kilomètres de la métropole… alors c’est que nous aurons perdu le pari de l’euro-région ! Ce n’est certainement pas dans l’Audomarois ou dans l’Amiénois, où l’on aurait tendance à percevoir la nouvelle région non comme un progrès mais bien comme un éloignement, que l’on se montrera plus convaincu…

Je ne saurais toutefois rejeter la responsabilité sur mes seuls amis lillois. Certains m’interpellent de la sorte : encore faut-il que les territoires périphériques, en l’occurrence l’ex bassin minier, manifestent un tel souhait… Oui.

 

Et maintenant ?

 

Une partie du chemin a été accomplie, une partie seulement…

Le 27 septembre dernier, la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin a voté une motion favorable à l’EMA, relayée le lendemain par le conseil municipal de Lens… Fait notoire (historique peut-être) cette motion fut voté à l’unanimité, y compris par le Front National. Y a-t-il signal plus puissant vers les habitants et les partenaires européens ?

Alors pourquoi s’inquiéter ?

Parce que ni les élus centristes lensois ni moi, instigateur de ce projet, n’avons d’informations quant aux suites réservées.

Une telle candidature ne repose pas uniquement sur le choix du site d’implantation – bien que je préférerai un site en proximité immédiate du Louvres-Lens et du stade Bollaert afin d’accroitre la visibilité du Pôle Européen (par exemple en lieu et place du Centre Hospitalier bientôt reconstruit) et non l’ex site Noroxo tel que proposé et qui aurait, selon moi, vocation à accueillir d’autres partenaires, à terme, autour de l’Agence.

J’espère simplement que cette ingénierie de projet est en marche dans la perspective d’un dossier de candidature concret et solide.

Un dossier de candidature susceptible d’être présenté, explicité, défendu dans ce qu’il apporte pour le territoire et ses habitants.

Un dossier de candidature capable de répondre aux questions posées dans les Ministères, à la Commission Européenne, questions aussi concrètes que décisives : disponibilités foncières, passage de l’A21 à trois voies, amélioration des rotations Lille-Lesquin-Paris, nouvelle offre hôtelière… Capacité de mobilisation du FEDER, de fonds Etats, de la région…

Un dossier de candidature que l’on peut « emmener sous le bras », (et oui avant le « in », il y a parfois le « off ») chez le représentant de l’Etat, dans les cabinets ministériels, le Président de la République, la Commission Européenne…

Un dossier de candidature permettant aux élus départementaux, régionaux, nationaux et européens qui nous soutiennent de bénéficier d’éléments de langage…

Bref, telle est ma dernière préoccupation…

Cela fait bien longtemps qu’un simple courrier d’intention au Président de la République ne suffit plus ! Comme nous ne sommes plus non plus dans les années 60 où il suffisait que le Préfet décroche son téléphone pour demander à une entreprise locale d’embaucher…

Nous avons définitivement (et depuis longtemps) tourné la page de ce monde là !

Nous sommes passés à une ère de projet et de mise en crédibilité de ces projets devant les tiers. J’espère simplement que les élus de l’ex bassin minier l’ont bien compris.

Quand la cloche du Brexit aura définitivement sonné ; quand de premier territoire à avoir levé le doigt 12 heures après le vote britannique nous serons le vingtième, noyé parmi d’autres villes-candidates… il sera définitivement trop tard – et ça les habitants de ce territoire l’entendent depuis trop longtemps.

Le « Dernier Européen »…

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François Mitterrand aurait eu cent ans ce 26 octobre.

Oh bien sûr je ne suis pas de sa famille politique – bien qu’il prit, comme toute femme et tout homme engagé, plusieurs chemins au cours de son existence.

Mais…

Issu de parents eux-mêmes portés par le Mitterrandisme ; pour l’enfant que je fus, découvrant sur le poste de télévision l’image saccadée d’un visage et la promesse d’un changement ; pour me souvenir, il est vrai dans une mémoire un peu brumeuse (j’avais 5 ans) de la liesse familiale…. bien-sûr que ce centenaire trouve, chez moi, une résonance particulière.

Je suis, que je le veuille ou non, de cette « génération Mitterrand » du slogan des affiches de campagne de 1988 que certains placardaient fièrement et avec conviction.

Pour l’adolescent que je fus, François Mitterrand (que d’ailleurs personne chez moi n’appelait « Tonton »), François Mitterrand, donc, fut « Le » Président.

N’ayant connu que lui jusqu’à ma majorité, je pense l’avoir longtemps regardé indissociablement de la fonction comme d’autres eurent regardé, à une autre époque et dans une jeunesse plus lointaine encore, le Général de Gaulle – immuable, incarnant des valeurs avant d’incarner une politique.

Je sais la place qu’occupe la mémoire de l’ancien Président de la République pour les habitants de ce territoire – l’ex bassin minier du Pas-de-Calais.

Alors aujourd’hui, je veux à ma façon dire quel fut « mon Mitterrand » avec le regard du grand enfant de quarante ans que je suis devenu.

Je serai critique sur les choix économiques, moins sur les choix sociaux. Je préfère donc laisser tout cela de côté et, le cas échéant, laisser les représentants du Parti Socialiste se charger d’un tel “devoir de mémoire” si tant est qu’ils sachent encore parler et être écoutés des électeurs de gauche…

Non, il est un domaine dans lequel François Mitterrand reste pour moi, à ce jour, le « dernier Président » – l’Europe.

Je retiens de François Mitterrand (qui avait connu la guerre) la conviction que l’on pouvait et que l’on devait faire mentir l’Histoire à chaque fois que le destin d’une nation était en jeu. Que c’était aux Femmes et aux Hommes, et non à la chance, encore moins à la providence, de décider d’écrire cet Histoire.

Parachever la réconciliation franco-allemande (quand toute une classe d’âge avait encore connu les souffrances de l’occupation) ; porter l’acte unique (dans un pays encore philosophiquement très centralisateur et colbertiste) ; insuffler la monnaie unique (quand tout une génération avait encore connu cette « autre France dans le monde ») ; reprendre les discussions arrêtées trop tôt sous Mendés France d’une défense commune, semer…

Cela étonnera peut-être certains, mais je range aussi dans cet ensemble de décisions l’abolition de la peine de mort. Car en faisant entrer définitivement la France dans un principe d’universalité, cette décision nous rapprocha encore un peu plus d’un dessein européen.

Bref, je retiens de François Mitterrand moins qu’il fut un Président, bon ou mauvais, mais bien un Chef d’Etat.

Puisse cet héritage nous aider à reconquérir une confiance, une capacité d’action et, surtout, nous aider à recouvrer toute notre lucidité afin de regarder les défis qui nous entourent et que nous ne pourrons relever sans l’Europe.

Puisse cet héritage nous aider à comprendre que tant que la France restera en panne, d’une direction, de ses institutions, l’Europe elle-même sera malade.

La stratégie de son propre affaiblissement pour mieux s’imposer… mais à quel prix ?

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Après les énièmes confessions journalistiques et littéraires du Président, la gauche en miettes semble se chercher un nouveau “candidat naturel” à la prochaine échéance suprême.

Les esprits un peu moqueurs pourraient être tentés d’affirmer que François Hollande aura au moins réussi à créer sinon un emploi pendant son quinquennat, à tout le moins de dégager une possible candidature à un emploi : le sien.

La situation pourrait ravir chansonniers et humoristes… si la France ne comptait pas 3.5 millions de demandeurs d’emplois (plus de 6 millions toutes catégories confondues) dont 39 000 pour le seul bassin minier du Pas-de-Calais, zone d’emploi parmi les plus sinistrée de l’hexagone.

Reconnaissons qu’il y a quand même quelque chose de “grandiose” dans cette (peut-être) stratégie d’affaiblissement (volontaire ?) de la fonction présidentielle.

Le temps d’un week-end, on sentait qu’un point de non retour avait été franchis parmi les rangs du PS. Un week-end seulement… car le temps de lâcher quelques bon mots dans la presse dominicale et de passer les troupes en revue, force est de constater que le “passif ” est tellement lourd que, entre celles et ceux qui n’ont pas la stature et celles et ceux qui n’ont que des intérêts à attendre 2022… il n’y a, en réalité, pas d’alternative, à gauche, à l’absence de Président.

Nous sommes dans une situation inédite sous la Vème république où plus le Président sortant affaiblit sa propre fonction… plus il devient le “seul candidat naturel par défaut” au sein de son propre camp.

Quelque part, quand on y réfléchit, du “grand Hollande”. Il n’y a pas à dire : dix années passées comme Premier Secrétaire d’un parti constamment au bord de l’implosion, ça forme, et il en reste quelque chose… Mais à quel prix pour nos institutions…

#UnPrésidentDevraitDépenserSonEnergieAutrement
#UnPrésidentNeDevraitPasFaireCa
#UnPrésidentNeDevraitPasPrendreLesInstitutionsEnOtage
#QuenPensentLesParlementairesQuiOntCautionnéPendantCinqAns?

#AJ2017
#MoDem #UDI
#Alternative6212
#LensLiévinPôleEuropéen
#circo6212

Et de grâce, qu’on ne me dise pas…

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J’ai déjà eu l’occasion au cours de ma carrière politique et plus encore dans la perspective de servir autrement la république que je ne la sers actuellement après 2017, de mettre l’exigence de moralisation et de souveraineté au cœur de mon projet.

A plusieurs reprises j’ai indiqué via les réseaux sociaux combien, parlementaire, je m’attèlerai à ce qu’un candidat ou parti ne puisse plus se financer auprès d’une banque ou d’un tiers se situant en dehors de la communauté européenne.

Oh point de slogan ! Mais bien la volonté de prolonger les idéaux de notre  démocratie (en réalité ceux de la révolution française, inachevée), les idéaux d’une France forte et indépendante, d’une Europe de la finance vertueuse et stable…

La politique n’est pas le monde des affaires. Elle ne peut donc être régie comme telle. A plus forte raison lorsqu’il s’agit de “vendre la France” en catimini…

Dès lors qu’elles s’avéreraient fondées, les dernières révélations de Christian Chesnot dans son dernier ouvrage (Nos Très chers Emirs) mettant en cause plusieurs élus de la République à la faveur d’intérets qataris m’amènent à réaffirmer une nouvelle fois cette position.(https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-20-octobre-2016?xtmc=lea_salame_&xtnp=1&xtcr=4)

Je mettrai ce principe au cœur de mon mandat de deputé si les électrices et électeurs de la 12ème circonscription du Pas-de-Calais m’investissent de leur confiance en juin prochain.

Et, de grâce… (de grâce…) qu’on ne me dise pas que je fais le jeu des extrêmes en parlant “démocratie”, “République”, “transparence” et “moralisation” !

Non seulement le contribuable et citoyen français n’est pas dupe, mais il mérite infiniment mieux que cela…

#circo6212 #Alternative6212 #LensLiévinPôleEuropéen

 

Vu de l’Europe, Lens-Liévin c’est Lille… en grand !

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Avec un déficit de 10 à 15 000 créations d’emploi chaque année, la région Hauts de France a besoin de trouver un nouveau souffle.

Je suis intimement convaincu qu’il doit venir, pour partie, de l’Europe et, pour beaucoup, des habitants, des créateurs, des décideurs…

C’est la raison pour laquelle, avec l’ensemble des forces qui nous ont rejoint depuis le 24 juin dernier au lendemain du référendum britannique, Bruno Ducastel et moi-même avons interpellé les élus de la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin en faveur d’une candidature pour la relocalisation de l’Agence Européenne des Médicaments, de façon officielle ce 18 août.

 

La visibilité internationale de la métropole européenne lilloise est essentielle !

Mais comment ?

 

Un projet à la hauteur doit mettre en avant infiniment plus qu’une ville, aussi prestigieuse soit-elle.

Nul doute que la dimension internationale de l’Agence plaide en faveur d’une dynamique euro-régionale forte autour d’une grande métropole. Ainsi, une candidature solide doit pouvoir s’appuyer sur deux piliers.

Le premier consiste à jouer pleinement la carte de l’attractivité vers toute une industrie pharmaceutique, également bousculée par le Brexit, et tentée par la proximité de l’Agence. Dans un marché de 1000 Md€ annuels, attirer 1 % de production en valeur se traduirait par quelque 10 Md€… soit 5 à 7 % de PIB de la région Hauts de France en très peu de temps. C’est la raison pour laquelle ce projet a besoin de bien plus qu’un cœur de ville ou d’une seule citée administrative ! Or, avec ses importantes capacités foncières en accessibilité directe de la métropole européenne, l‘ex bassin minier présente un atout décisif… 

Le second pilier repose sur une dimension bien moins économique et pourtant aussi déterminante !

La période « Post-Brexit » ouvre une séquence éminemment politique. Nul besoin de regarder plus longtemps la situation pour comprendre que l’Europe est malade. Elle l’est pour beaucoup de raisons : l’insuffisance de gouvernance économique, l’absence de convergence fiscale et sociale, la faible résolution des dirigeants à assurer la sécurité aux frontières extérieures – autant d’ornières que les députés européens libéraux et démocrates combattent courageusement.

Mais il y a une autre raison à l’euroscepticisme « du coin de la rue » : pour toute une génération, l’Europe fut synonyme de corrections des inégalités territoriales. Elle a perdu, aux yeux de beaucoup, à tort ou à raison, ce crédit.

Ainsi, une candidature solide doit être capable de réconcilier celles et ceux qui se sont éloignés de l’Europe. Il est illusoire de penser que cette « opération séduction » peut encore fonctionner avec de grandes phrases ! L’Europe doit se montrer de nouveau concrète, protectrice, synonyme d’emplois, de progrès. Bref, de confiance… L’ex-bassin minier présente, et de loin, ce fort enjeu.     

 

Combien sommes-nous à savoir que l’OMS ne se situe pas au centre de  Genève ?

 

Prenons le pari que dans dix ou quinze ans un représentant de l’industrie pharmaceutique italien, allemand ou américain qui viendra à Lens pour défendre une autorisation de mise sur le marché, dira « Je vais à Lille »… Peut-être cela agacera-t-il, demain, les lensois que nous serons… Probablement, ce scénario laisse-t-il, aujourd’hui, certains métropolitains quelque peu dubitatifs…

Mais après tout, combien sommes-nous à savoir que les locaux de la prestigieuse Organisation Mondiale de la Santé se situent… à une dizaine de kilomètres du cœur de Genève (soit à peine moins que ce qui sépare Lens de l’Hôtel de Région). Ou encore, combien sommes-nous à savoir que l’Agence européenne pour la formation des services répressifs de Londres (le CEPOL)… ne se situe pas du tout à Londres mais bien à 50 km dans sa banlieue !

 

Si la « métropolisation » reste un concept à 20 kilomètres de la métropole, alors nous aurons perdu le pari de l’euro-région

 

Acceptons de regarder le monde de 2030, même (et peut-être « surtout ») si cela bouscule nos repères. On n’y promeut plus la croissance comme on le faisait dans les années 1980.

Chine, Japon, Brésil, Etats-Unis… les mégalopoles les plus motrices, confrontées à des enjeux d’urbanisme, englobent désormais des territoires s’étalant parfois sur plusieurs centaines de kilomètres. Dans les Länders allemands, poumons administratif et économiques se situent rarement dans les mêmes villes – conséquence ou hasard, outre Rhin les « politiques d’aménagement du territoire » n’existent pas en tant que telles… Bref, autant de constats… aussi factuels que celui de ces milliers de touristes internationaux fréquentant chaque année les allées du Louvre-Lens ou assistant à des manifestations d’envergure internationale au Stade Bollaert.

Opposer Lille et Lens-Liévin serait hautement stérile et totalement hors sujet !

Au contraire, nous devons inviter le premier à venir poursuivre son développement sur le territoire du second – et ainsi permettre à la nouvelle capitale euro-régionale de jouer pleinement son rôle de locomotive économique et social tant attendu.

Choisir l’option inverse serait une erreur. Car elle contribuerait à éloigner encore un peu plus les épicentres décisionnels et économiques de plus en plus d’habitants qui, pour certains, reconnaissons-le, se sentent un peu « perdus » dans ces nouvelles grandes régions…

En clair,  si dans dix ans la « métropolisation » et ses effets supposés restent un concept à 20 kilomètres de la métropole… alors c’est que nous aurons perdu le pari de l’euro-région. Pire, peut-être celui de l’Europe forte dans la mondialisation !

Je vous invite à prendre connaissance du document remis ce jour aux Présidents et Vice-Présidents de la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin qui, je l’espère, enverra également un signal fort à toute une région ainsi qu’à nos amis de la métropole lilloise. Nous devons regarder ensemble vers l’Europe et le progrès.

Vous assurant de ma pleine mobilisation dans ce projet, je vous en souhaite une excellente lecture !

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Ne demandons pas à d’autres de croire en nous à notre place !

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On voit de plus en plus de mains se lever, en France comme dans le reste de l’Union, pour manifester un intérêt à accueillir l’agence européenne des médicaments. Sauf que…

Depuis près de 70 ans, l’Europe s’est bâtie autour d’un modèle déconcentré. Ainsi ont été pensées les institutions européennes : l’exécutif à Bruxelles, le judiciaire à Luxembourg et le législatif à Strasbourg.

Ce modèle s’est renforcé tout au long des années 90 et 2000 avec le développement des différents établissements publics et agences tels que Frontex à Varsovie (capitale européenne comparable en taille à une métropole telle que Lille ou Marseille), l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle à Alicante (qui compte à peine plus d’habitants que l’arrondissement de Lens), le Bureau européen d’appui en matière d’asile à Malte, l’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie dans la capitale slovène, État de 2 millions d’habitants…

Bref, si elle veut rester fidèle à ses principes, l’Union ne peut confier l’agence européenne des médicaments à une métropole déjà partie prenante de la gouvernance économique. En outre, se saisir du Brexit pour jouer la carte du rééquilibrage entre territoire (qui fut pendant longtemps la marque de la construction européenne) constituerait un signe fort.

Nous pouvons rappeler les Chefs d’Etat et de gouvernent à ces grands principes. Mais il y a une question que nous ne pouvons leur demander de se poser à notre place : voulons-nous, oui ou non, région Hauts de France, l’agence européenne des médicaments, administration de plus de 200 millions d’euros de budgets et employant 400 collaborateurs, médecins, experts, juristes  ?

J’ai lancé cet appel parce que j’aspire à plus de pragmatisme. Prenons conscience de nos freins, ils existent – mais ne les surestimons pas. Prenons conscience des forces des autres, réelles – mais ne les idéalisons pas outre mesure.

 

” l’EMA à Lens, ce n’est pas possible car notre région n’est pas suffisamment spécialisée dans le secteur de la santé “

 Vraiment ? Quid d’eura-santé, de ses 7 hôpitaux et 150 entreprises qui emploient près de 15 000 professionnels aussi bien dans le secteur de l’humain que des technologies de pointe ? Quid du pôle de compétitivité qui s’y rattache ?

Allons jusqu’au bout de cette logique… Les centres décisionnels qui ont fait le choix de Londres en raison de la proximité avec l’EMA ne vont-ils pas, eux-aussi, être amenés à se poser la même question : rester off-shore ou se rapprocher de là où se joueront les enjeux demain ?

  

“Lens c’est excentré…”

Vraiment ? Par rapport à où ? Et surtout, par rapport à qui ? Car vu de Genève ou de Milan, Lens c’est la banlieue de Lille, voire de Paris !

 

“C’est un pari audacieux “

 Disons-le : oui ! Mais est-ce pour autant une folie ?

Terre d’excellence sportive et culturelle, à la lisière du futur canal seine-nord, au cœur d’une nouvelle euro-région, l’ex-bassin bassin se situe dans l’un des trois ou quatre plus grands espaces de flux et de croissance au monde. Il a acquis, peu à peu, une visibilité dont les habitants et élus ne semble pas prendre pleinement conscience.

Avec le Brexit et « en jouant des coudes », nous avons une chance historique d’y ajouter un pilier supplémentaire, stratégique et économique, dans un marché mondial de plus de 1000 Md€, marché qui restera en forte croissance en raison du vieillissement et de l’augmentation de la population mondiale. Bref, une opportunité inouïe d’élever définitivement ce territoire au rang de pôle européen.

 

“Ça va coûter cher…”

 Entre zéro et quinze millions d’euros d’investissement, correspondant à la construction de 5 à 6000 m2 de bureaux… dans l’hypothèse où la Communauté d’Agglomération ferait le choix d’en supporter seule la charge. Soit le coût de la construction d’un échangeur autoroutier… Soit 5% le coût de la reconstruction du Centre Hospitalier de Lens…

Dans les faits, c’est un projet de territoire global qui devra être repensé à horizon 2020, projet évidemment plus onéreux mais aux effets leviers certains. Ce projet global de territoire, dans le prolongement du Louvre-Lens et des manifestations sportives internationales, serait de nature à réinterroger l’offre hôtelière (parent pauvre des développements précédents), l’aménagement du territoire pour accueillir une nouvelle population, l’interconnexion réseau avec le canal seine nord, le passage en trois voies de l’A21, la création de nouvelles zones d’activités… Tout cela serait l’affaire de fonds privés, aidés de la région et les  fonds européens.

Le coût du Brexit reste difficilement chiffrable car plusieurs scénarii de coopération seront sur la table des négociations au cours des prochains mois entre les 27 et la Grande-Bretagne. A ce stade, maintenir la voilure du budget européen est susceptible d’augmenter la contribution annuelle française à l’Europe de 500 millions à 1 milliards en sus des 16 Md€ actuels.

Il me semble que la question est moins le coût du Brexit que ce que nous en ferons. Prenons acte que la région Hauts de France, et en son sein l’ex bassin minier, restent les derniers territoires français « en transition » au titre de la programmation 2014-2020 du FEDER.  Comment s’en contenter ?

Prenons conscience du volontarisme naissant d’autres territoires pour accueillir l’agence européenne des médicaments. Suède, Danemark, Italie ou la ville de Strasbourg : nous avons probablement plein de raisons de laisser à nos partenaires cette opportunité car ils le méritent tout autant que nous. Mais je me refuse à ce que la seule « raison » soit l’insuffisance de vision pour le territoire, ses entreprises, ses habitants…

Nous ne pouvons demander à d’autres de croire en nous à notre place. Et bien moi, je crois en nous. Et vous ?

https://www.facebook.com/Installons-lAgence-Européenne-des-Médicaments-à-Lens-915658621893460/

 

 

 

Après le Brexit, l’Europe – Installons l’Agence Européenne des Médicaments à Lens

 

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L’agence européenne des médicaments, c’est quoi ?

L’Agence européenne des médicaments ou European Medicines Agency (EMA) fait partie des 44 agences communautaires déconcentrées qui contribuent à la mise en œuvre les politiques de l’UE.

Créée en 1995, elle est implantée à Londres.

Elle a pour mission l’évaluation scientifique, la supervision et l’autorisation des médicaments à usage humain et vétérinaire sur le territoire de l’Union Européenne. Elle joue, de fait, un rôle majeur dans la promotion de l’innovation et de la recherche dans l’industrie pharmaceutique.

Pourquoi la question de sa relocalisation se pose t-elle ?

En réalité, elle ne se pose pas… ou pour être précis, pas encore. Mais à l’issue du Brexit, elle sera rapidement mise sur la table des négociations communautaires.

Le traité de Lisbonne prévoit un délai de deux ans à l’issue duquel la Grande-Bretagne et l’Union Européenne devront se mettre d’accord sur un protocole de sortie de l’Union. Cette disposition, inédite, couvre l’ensemble des champs : réglementaires, financiers et administratifs.

Or, et bien que beaucoup de questions restent en suspens, on imagine mal qu’un pays tiers puisse maintenir sa participation à l’Union sur une question aussi sensible autant liée à la sécurité sanitaire qu’à ses intérêts économiques.

Entre autres prérogatives qui devront être rétrocédées, l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) a vocation à quitter la Grande-Bretagne dans un délai court au profit d’un autre État membre. La question est lequel ?

L’agence européenne des médicaments à Lens, n’est-ce pas ambitieux, voire irréaliste ?

Ambitieux, oui ! Irréaliste, beaucoup moins qu’on le croit !

La France accueille déjà quatre agences européennes. En accueillir une supplémentaire ne serait pas complètement infondé au regard de notre poids économique et démographique dans l’Union, par ailleurs mécaniquement rehaussé par la sortie de la Grande-Bretagne.

Il n’existe pas de critères d’implantation précis. Plutôt pragmatiques sur le sujet, les règlements européens ont privilégié la cohérence sur la centralisation. De fait, si la plupart des agences se situent au sein de grandes métropoles (Bruxelles, Cologne, Turin), d’autres se situent dans des territoires plus déconcentrés. Notons par exemple que le Bureau européen d’appui en matière d’asile se trouve à Malte, l‘Office de l’harmonisation dans le marché intérieur à Alicante ou encore l’agence ferroviaire européenne à Valenciennes.

Alors, oui – une candidature lensoise, spontanée, ne manquerait pas d’arguments… à condition de les faire valoir, avec conviction et sans délai !

Parce que la candidature lensoise s’inscrirait dans un pôle européen : le prolongement de la métropole européenne lilloise et qui, dans un souci d’aménagement du territoire ne pourra “tout absorber”, le canal seine-nord…

Parce qu’elle permettrait d’asseoir une visibilité internationale initiée grâce au Louvre, mais qui reste à conforter…

Parce que vu de Milan, Londres ou Genève : Lens, c’est la banlieue de Lille, idéalement placée sur un axe Paris-Bruxelles…

Parce que tout simplement, nous le voulons ! Et qu’une telle implantation serait porteuse d’un symbole incroyablement fort dans un territoire où les indicateurs de santé restent dégradés, un territoire où l’Histoire fut marquée par le labeur. Hier terre de risques, demain terre d’excellence scientifique et sanitaire…

Cela va t-il vraiment créer de l’emploi ?

Disons-la vérité : pas directement. L’agence s’implanterait avec ses 400 collaborateurs actuellement en poste, médecins, chercheurs, juristes… Mais une part du budget de l’agence, un peu plus de 200 millions d’euros, serait réinvesti localement. C’est donc bien le pari des emplois induits qui doit être fait !

En réalité, le vrai levier est ailleurs. Et il est infiniment plus prometteur à moyen terme.

Prenons conscience de ce que représente l’EMA sur la scène internationale, aux côtés de la Food and Drug Administration aux Etats-Unis ou de l’organisation Mondiale de la Santé.

Prenons conscience des enjeux : un centre des deux ou trois grands plus grands centres décisionnels d’un marché mondial qui dépasse les 1000 milliards d’euros, qui continuera sa forte progression – et ce alors que la santé connaitra une énième révolution à l’aune du numérique, des bio et nanotechnologies…

Ces technologies, ce sont plus largement celles de la troisième révolution industrielle pour laquelle, précisément, la région Haut de France affiche son ambition et sa soif d’excellence. Mais ce projet excède, on le voit, et de très loin, la seule logique industrielle…

Si nous pensons qu’après le Brexit, notre nouvelle euro-région doit s’aider elle-même en aidant la construction européenne, alors je vous invite à relayer le plus massivement possible cet appel via vos réseaux sociaux : oui à une candidature spontanée et motivée de Lens pour accueillir l’Agence Européenne des Médicaments !

Nous avons peu de temps avant que d’autres pôles européens ne concurrencent cette idée.

 

 

L’Europe des cercles

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Les britanniques se sont prononcés en faveur de la sortie de l’Union Européenne à près de 52 %.

Bien qu’il constitue à mon sens une erreur, ce choix doit être respecté au nom de la souveraineté des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Nul ne sait ce qu’il adviendra. Mais nous devons tirer tous les enseignements.

En quelques heures, “sans rien faire” les britanniques se sont endettés de plusieurs dizaines de milliards par l’effet mécanique de la chute de la Livre Sterling. Les banques centrales mondiales se mobilisent afin de prévenir son effondrement (curieusement ni M Farage ni M Johnson n’y voient une atteinte à la souveraineté). Les porteurs d’enjeux de la City regardent vers les capitales européennes. Ireland et Ecosse revendiquent la partition. La Grande Bretagne pourrait ainsi bientôt devenir la “Petite Bretagne”…

Depuis une semaine, nous savons que l’on peut encore, en 2016, payer de sa vie l’engagement démocratique en Europe.

Depuis cette nuit, nous avons la preuve qu’eurosceptiques et nationalistes peuvent faire de l’intégration européenne un mouvement réversible, créant ainsi les conditions de ce qu’ils dénoncent : l’Europe molle, incapable de réponse aux enjeux de croissance, d’emploi, de sécurité intérieure, de diplomatie… Chacun le comprend : les Européens finiront par se lasser et laisseront plus volontiers mourir cette Europe « coquille vide » au profit d’un retour aux frontières intérieures. Le travail de sape a commencé. Ce n’est désormais plus qu’une question de temps : cinq, dix, quinze ans ? Moins ? Difficile à dire… Ce qui est certain, c’est que le processus est engagé. Qui se soucie encore de Schengen face à l’impotence de l’Union dans la crise migratoire ?

Bref, le choix de la Grande-Bretagne a beau être démocratique, il nous rappelle que la démocratie n’est jamais complètement acquise.

L’heure est grave. Car cette Europe là c’est : au mieux, la dégringolade économique et sociale face à de nouvelles puissances globales, notamment asiatiques ; au pire, la guerre.

L’heure est grave, mais paradoxalement elle peut être porteuse d’espérance si nous le décidons – car c’est dans la gravité que s’écrit, le plus souvent, l’Histoire.

A cet égard, l’Histoire des Etats-Unis est riche d’enseignements. A plusieurs reprises, la construction américaine a marqué le pas, parfois de façon fratricide et violente. A chaque fois, les Américains ont su répondre par la conscience et l’audace, là où une minorité appelait à l’isolationnisme et la division.

Aujourd’hui,  j’en appelle solennellement au Conseil de l’Europe et à l’ensemble des Chefs d’état et de gouvernement : avons-nous envie d’écrire l’Histoire des Etats-Unis d’Europe ?

Depuis trop longtemps les Européens, et en particulier les jeunes Européens qui ont à peine le souvenir de la chute du mur de Berlin, entendent parler d’Europe à travers des allégories aussi consensuelles qu’euphémisantes : l’”idée”, le “projet” d’Europe… L’Europe n’a plus besoin de mots ! Elle a besoin d’actions et, surtout, de leadership !

Il y a peu encore, la conception d’une Europe à « plusieurs vitesses » m’indisposait car telle n’était la vision que je partageais du continent et de son destin. Et d’ailleurs, ce n’est toujours pas complètement ma vision. Mais pragmatiquement et face à l’urgence, cette voie est devenue la seule possible, et surtout : une voie « urgente ».

L’Europe doit désormais s’articuler autour de plusieurs cercles concentriques.

Un premier cercle, ouvertement libre échangiste et fondé sur la convergence des normes, s’impose. Aujourd’hui délimité aux 28 Etats membres, ce premier cercle, le plus large, pourrait à terme s’ouvrir plus facilement encore à de nouveaux partenaires. Probablement, constitue t-il l’issue de négociations aujourd’hui impossibles avec Ankara ou sur la question ukrainienne dont nous sommes peut-être, sans le savoir, qu’au début.

Un second cercle, fondé sur la monnaie unique et ses principes en matière d’union bancaire et de convergence, se dessine assez naturellement. Finalement, la configuration actuelle de 19 pays.

Enfin, un troisième cercle, ouvertement fédéral, fondé sur une nouvelle constitution : un Président reconnu sur le plan international et un Parlement aux pouvoirs considérablement renforcés prenant définitivement le dessus sur la méthode intergouvernementale.

Qu’importe que nous soyons six, dix ou douze à vouloir le faire, faisons-le ! Nous ne pourrons convaincre d’autres de nous rejoindre qu’à l’issue de résultats concrets.

Nous pensons que l’Union monétaire doit être relayée de l’union économique et fiscale ? Faisons-le !

Nous pensons que l’Europe doit s’engager dans une politique de « grands projets » et d’investissements ? Faisons-le !

Nous pensons que l’Europe doit émettre ses propres obligations pour financer sa croissance et réguler la finance mondiale ? Faisons-le !

Nous pensons que l’Europe doit mieux protéger ses frontières extérieures ? Faisons-le !

Nous pensons que l’Europe doit mieux défendre ses intérêts grâce à une diplomatie et une défense commune ? Faisons-le !

Nous pensons que l’Europe doit soutenir son agriculture non à travers les seules aides financières mais en pesant sur les marchés mondiaux ? Faisons-le !

Comme je l’évoquais préliminairement, la liberté des peuples à pouvoir disposer d’eux-mêmes doit primer sur tout autre principe. Démocrate, je me suis toujours battu dans ce sens. Démocrate, je continuerai. Mais la liberté ne saurait être instrumentalisée et la démocratie attaquée par ses faiblesses.

La liberté d’une minorité ne saurait obérer la liberté d’une majorité à vouloir s’adapter à la marche du monde : 9 milliards d’habitants dont la moitié sera, demain, exposée au risque climatique, le déplacement du centre de gravité de la géopolitique vers l’Asie, l’émergence de nouveaux rapports de forces y compris avec des puissances non gouvernementales, le décuplement de risques sanitaires, financiers, terroristes, la question de l’indépendance énergétique et technologique…

Assez ironiquement, je l’avoue, mais peut-être est-ce la preuve que nous avons encore à apprendre de notre propre Histoire, cette « Europe des cercles », tant dans son principe que dans sa terminologie, reprend à son compte la réflexion d’un illustre britannique quant à la place de la Grande Bretagne dans le monde… en 1946 – et chacun aura bien évidemment reconnu Winston Churchill.

Le fait est que cette « Europe des cercles » doit pouvoir offrir un cadre gradué et démocratique, allant du libre échange au fédéralisme, dans lequel chaque peuple, chaque parlement, sera libre de se positionner en conscience.